la balade de ZERØ à l'infini

la balade de ZERØ    à l'infini

De Paraty a Salvador

Mon copain Tanguy qui y est passé avec son bateau il y a quelques mois me l’avait dit : les Abrolhos, c’est a voir.

Pour rejoindre cet archipel depuis Vitoria, il y a 180 miles. Afin d’arriver de jour on est donc parti le soir, naviguer la nuit, puis la journée, et une nouvelle nuit,  pour enfin arriver au petit matin. La moyenne n’a pas été terrible, mais le vent était faible et assez contraire.  Durant la navigation, un petit orage est venu judicieusement laver le pont rendu crasseux par l’usine métallurgique de Vitoria pourtant située à 6 miles de là où nous étions amarré.  C’était d’ailleurs le seul inconvénient de ce coin. Pas très belle, j’ai pourtant bien aimé cette ville. La marina était top, pas chère, malgré son sauna, son hammam, sa piscine, son bar … et les filles plutôt jolies.

Les Abrolhos, sont un groupe de 5 îles,  à environ 30 miles au large de la cote Brésilienne. Durant les mois de Juillet a Novembre, on peut y voir des baleines, remontées de l’antarctique pour se reproduire On n’a pas attendu longtemps pour les voir.  Et on en a vu ;….. beaucoup beaucoup beaucoup. Et de très près…..  Des rorqual, les plus grosses. A un moment, tout autour de nous, j’ai pu compter les jets d’eau, probablement une vingtaine. Je me suis réjoui de n’avoir pas peint la coque sous l’eau en blanc. Cela parait il les attire. J’imagine un tel mastodonte venant se gratter le dos sur la coque de ZERO. !! Certaines nous ont même gratifiés de qques sauts hors de l’eau.

 

 

Durant la même journée, on a aussi croisé une bande de dauphins en vadrouille.

 

On arrive donc dans l’archipel vers 11 h du matin. On mouille entre 2 îles. La protection n’est pas terrible, mais à étudier les cartes, y a pas mieux.  La mer rentre un peu, ca roule un peu, mais basta, on fera avec.

Nous sommes tout de suite accueillis par une garde du parc maritime en zodiac qui nous donne les consignes : pas de débarquement, ne rien jeter même organique à la mer ( et nos cacas, on en fait quoi je pense en moi-même ? ), pas de pèche, pas de plongée en bouteille …. OK, ça nous va. La pêche, on s’en fout, hier soir, on a pris un thazard de 6 kg. Et j’ai pas de bouteille de plongée a bord.

 

 

Calme, solitude, paix. Les îles ne sont habitées en tout et pour tout que par une dizaine de personnes : des militaires, les gardiens du phare, et qques scientifiques et gardes du parc.

Les îles accueillent d’importantes colonies d’oiseaux, et les fonds sous marins, des poissons de toutes espèces. Sans plonger, grâce à la limpidité de l’eau on les voit déjà : des tortues, des raies, des poissons perroquets.  En l’air, des pailles en queue, des cormorans, des fous de bassan, et des frégates. Je n’aime pas les fregates. On les dit oiseaux de mer, vivant au bord de l’eau , nichant dans les rochers , mais en fait ces oiseaux ne touchent jamais l’eau .  Pour se nourrir, ils attaquent en vol les oiseaux qui viennent de pêcher qque chose. Leur filent un grand coup de bec, l’autre, forcément lâche sa proie et la frégate rattrape le poisson au vol avant qu’il ne tombe a l’eau. C’est petit. Ils  font aussi vomir certains oiseaux pour qu’ils régurgitent ce qu’ils ont commencer à manger. C’est degueu. Et s’ils ne trouvent rien, ils se nourrissent des oisillons de leurs congénères. C’est monstrueux. Enfin, pour faire leur nid, il pique les branches des autres . C’est mesquin.

Et puis, les males sont d’un ridicule avec leurs jabots rouges tout gonflés. C’est parait il pour impressionner leur partenaire. C’est triste !!!

 

 

 

Nous avons quitté l’archipel à regret. Sur les 72 heures passées au milieu, Stefanie a bien du  séjourner 12 heures dans l’eau a barboter au milieu des poissons d’aquarium et des tortues. Impossible de la faire sortir !!!

Enfin, nous sommes quand même parti avec un petit force 3 dans le ¾ arrière. Départ vers 14h00 pour arriver le lendemain en début de matinée après cette étape de 110 miles. Mais le vent a nettement forci dans la nuit, atteignant le force 7, m’empêchant de dormir  et m’obligeant à ralentir le bateau pour ne pas arriver de nuit : un comble.

On a un peu serré les fesses pour entrer a Sao Andre .  Il faut raser la plage sur 500 mètres pour parer un banc de corail. Mais avec ce vent, il y avait de belles vagues, et longer la plage à 100 mètres dans de telles conditions,  je n’en menai pas large. Mais bon tout s’est bien passé , une fois dans la rivière, la mer s’est calmée , les fonds ont augmentés ..  Ouf. Visite de Porto Seguro.

 

Puis ce fut l’étape Sao André-Camamu. 150 milles. La météo est assez favorable, vent de force 4 à 5 de Sud Est. Parfait. Donc même topo, on rase la plage ; Mais dès la sortie de l’abri de la barrière de corail, je comprends que ça ne va pas être la même chanson.  La mer est forte, des creux de 3 à 4 mètres et quand même quelques belles  rafales de vent. Mais on est parti, et je n’ai pas envie de repasser à raser la plage, ca m’a trop fait flipper …..

 

Au début , ca va encore, c’est assez stable….  Mais à la nuit tombante, les grains se succèdent. Averses de pluie violente et rafales de vent. Combiné à la mer assez forte, ce n’est plus de la plaisance !!

Là, Stéfanie a son baptême du feu. Toute la nuit a été pénible, nuit noire, pas de lune, des grains tous les ¼ d’heure amenant des rafales jusqu'à  45 nœuds. stressant …

Dans ces cas la, on ne sait pas trop comment s’y prendre. De façon régulière le vent est de 20 noeuds , dans ces conditions, on peut porter 1 ris dans la GV et tout le génois au grand largue . Là ca déboule a 9-11 nœuds en principe. Mais avec des grains à 30 – 35 et même donc 45 noeuds, avec cette toile, c’est ultra chaud. Le bateau part au lof, il se couche et il est difficile à tenir. Le pilote  est alors incompétent, il faut prendre la barre et attendre que le coup de vent passe tout en le maintenant sur des rails.  A 35-40 noeuds, il faudrait 2 ris et la trinquette un peu enroulée. Alors que faire ?

On garde la toile de 20 nœuds et on tend le dos dans les rafales au risque de coucher un peu le bateau? On s’équipe pour 45 nœuds mais on se traîne lamentablement avec 20 nœuds de vent ? 

 

 

Pour tout vous dire, en équipage complet ou en course, on adapte la voilure en permanence, quitte à multiplier les manœuvres. Mais la, je n’avais pas trop le courage de me faire les muscles  toute la nuit sur les winchs.

Bref, j’ai trouvé un compromis, 2 ris, toute la trinquette, et un petit bout de génois. A 20 nœuds, on était légèrement sous toilé, avec une vitesse de 7 nœuds, on fait aussi un peu le bouchon et dans ce cas la ça bouge un peu à l’intérieur. Et à 45 nœuds, je déconnectais le pilote, prenais la barre et tentais d’éviter la survitesse et les départs au lof …

Bon, 22 heures plus tard, on enroule la pointe de Camamu, et on se retrouve sur un lac !!!! repos dans la baie de Camamu.

Cette baie est la 3ème du Brésil par la taille après celle de Rio et de Salvador. Vu les dimensions du pays, et comme tout est a l’avenant, croyez moi, elle est grande. Seul hic, 70% de ses fonds ne sont pas cartographiés, et pour cause, il y a tres peu d’eau. Nous décidons donc de mouiller dans un joli endroit, mais loin de la ville de Camamu. A Sapinho.

Pour nous rendre au bourg, nous nous lèverons à 5 h du matin pour attraper un bateau bus qui sera, au miracle, en avance de ¼ d’heure !!!

Le bateau bus est typique. 7 mètres de long environ, un grand abri a l’intérieur pour une quinzaine de personnes et ….  le moteur qui trône en plein milieu sans insonorisation aucune. Un bon gros diesel qui doit bien afficher ses 20 ans. Le frêle esquif crache allégrement ses 4-5 nœuds et ses 120 décibels. Et comme dehors, il y a toujours des grains, impossible d’y échapper. Evidemment, les locaux, eux savaient,…… ils étaient a l’avant, loin du moteur, mais nous, pauvres ignorants avons dû supporter le vacarme et l’odeur pendant 1h30. Et le pire, c’est que nous y sommes retourné le lendemain. Mais prévenu, nous avions notre stock d’EPI. Equipement de Protection Individuel. Les bouchons d’oreilles quoi …

Camamu est un gros bourg, loin de la cote, donc vraiment authentique. Pas beaucoup de touriste a mon avis ici. Tout le monde nous souriait, on se demande pourquoi, peut etre nos chaussures fermées, nos appareils photos en bandouillere, nos sacs a dos … je ne sais pas .En tout cas,  adorables.  La ville est animée, le centre très marchant. Grouillant de vie. Pour augmenter leur business, les quelques supermarchés ont équipé des voitures et même des motos de sono qui tournent dans les rues en hurlant leur pub. Vu le niveau sonore, j’imagine qu’ils doivent avoir quelques batteries supplémentaires sous le capot. J’ai compté 4 voitures et 3 motos. Sur un  périmètre de quelques 300m x 300m, c’est un beau capharnaüm. Mais c’est le Brésil. Bruyant .

L’autre attraction du village, c’est son chantier naval qui construit des lanchas jusqu'à 30 metres, tout en bois massif… exotique. A faire rêver un ébéniste ou un patron de chantier naval francais.

 

Baie de Camamu toujours. Dans un guide sur le Bresil, ils parlent d’une cascade que l’on peut rejoindre avec son bateau, sous certaines conditions. Tanguy l’a fait, je l’ai vu sur son blog. On va tenter le coup. Il faut remonter le rio Mauro sur 12 miles mais la zone n’est pas cartographiée. Fort heureusement, on possède quelques way points pour s’y rendre. Au moment où on s’engage, la marée est descendante. On a donc le courant dans le nez. Apres quelques hésitations et tâtonnements, je me rend compte qu’on ne pourra pas faire le dernier mile. Impossible de s’engager dans le dernier bras. Les 1,5m de tirant d’eau de ZERO sont encore de trop. Si on avait attendu la marée haute, cela passait peut être, alors on mettra l’annexe a l’eau pour aller la voir. Tant pis pour la photo de ZERO avec la cascade en arrière plan. ZERO nous attendra à 1 mile, dans le lit de la rivière principale.

 

 

Toute cette région est quasi inhabitée. En parcourant la rivière, nous ne croisons que de temps en temps une pirogue avec 1 ou 2 pêcheurs. Sinon, c’est mangrove et foret tropicale, et quand il y a des plages, c’est palmiers, cocotiers et bananiers. Nous nous sentons loin de tout.  Un avant gout d’Amazonie. Seul village dans cette vaste zone, Marau, 1100 ha , dont la torpeur n’a d’égal que sa nonchalance. Tout semble au ralenti dans ce village. Le temps semble suspendu.

Ce soir Barra Grande et demain, Morro de Sao Paulo.

 



26/09/2011
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