la balade de ZERØ à l'infini

la balade de ZERØ    à l'infini

Impressions baltiques

ENTRE CIEL ET MER. IMPRESSIONS BALTIQUES

Article rédigé par Fabienne.

 

 

Il y a longtemps que je rêvais de Baltique... grâce à Ejvind et à Bertrand, ce rêve devient réalité entre le 19 août et le 3 septembre 2023.

Stockholm-Stockholm aller-retour via les archipels semés tels des cailloux de petits Poucets entre la Suède et la Finlande.

Aux commandes de ZERØ, Gilles que je ne connais pas, pas plus que son second Sylvain, pas plus non plus que la famille qui embarque avec nous, Nathalie, David, et leurs adolescentes, Angela, Stella et leur amie Khadi, toutes deux sur un voilier pour la première fois de leur jeune vie. Gilles et Sylvain ont l'habitude de naviguer ensemble, ni le club des cinq, ni moi ne les connaissons, ni ne nous connaissons. D'emblée la confiance est immédiate. Comment pourrait-elle ne pas l'être ?

Gilles, droit comme la barre de ZERØ, solide comme sa coque, agile comme ses cabestans. Comme son ancre, enraciné en mer, bienveillant et protecteur ainsi que ses pare-battages, précis et concis comme l'ordonnance de ses cordages, généreux et sensible, à l'image de la grand-voile de Zerøalinfini.

Sylvain, discret, prévenant, modeste, excellent pédagogue de nature et de métier, passionné de voile autant que de lecture, d'écriture, de transmission. Il nous apprendra patiemment les arcanes des nœuds marins, le b-a-ba de la barre, l'ancrage et l'amarrage, les bouées et autres signaux... Rentrée des classes oblige, il ne pouvait rester que huit jours à bord; nous avons dû bien à regret le laisser partir, et comme dans la chanson de Brassens, à l'arrivée, il nous manquait encore !

Mais pas encore... d'abord à bord tous les huit, nous voilà voguant vers la Finlande à travers l'archipel de Stockholm. La mer succède à la mer, les plats îlots rocheux aux plats îlots rocheux, le ciel au ciel, ou plutôt les cieux aux cieux, toujours changeants sous la lumière au gré des nuages, des gigantesques et merveilleux nuages du Nord. Je découvre ces ciels que je ne connaissais que peints par Patinir, Ruysdaël ou Caspar Friedrich.

Immensité du ciel d'un bleu si intense, si particulier, si unique à cet endroit-là du monde, un ciel qui prend toute la place laissant

à la  terre une mince ligne de fuite qui s'étire en pointillés sur cette mer si calme ... un labyrinthe fait de rochers souvent sous-marins entre lesquels ZERØ trace son sillage, cardinale-est tribord, deux-bas rouges à babord, un tri-côt vert à tribord, fixe-toi sur les alignements, l'un clignote, l'autre se perd dans la brume, car les nuages énormes surplombant cette mer pourtant calme modifient en permanence lumières et donc couleurs, ici la mer et bleue, là verte, plus loin gris-fer, puis anthracite, il n'y a rien à voir dans cette traversée, rien que la mer et le ciel, à perte de vue, je suis venue pour cela, contempler le scintillement du soleil sur la mer des heures et des jours durant et je m'en repais jour après jour, nuit après nuit car nous avons eu des nuits de pleine lune et d'étoiles, dont une où, comme sur la baie d'Halong, les îlots se reflétaient si totalement dans le miroir de l'eau étale et noire que l'endroit et l'envers fusionnèrent dans une symétrie hypnotique abolissant tous repères. Heureusement rien de toutes ces splendeurs ne sont photographiables. Il faut y être et seul le bateau peut y être.

Les jours se succèdent sans en avoir l'air, qui sait encore quel jour on est ? Le temps a perdu sa consistance terrienne. Nous mouillons plus souvent que nous marinons, abrités au milieu d'îlots bordés d'ajoncs, dont Gilles possède le sûr instinct de détecter la magique beauté, guidé peut-être par un code : André 2, André 3, André 8... ?

Au matin, l'annexe nous emmène sur ces rochers de granit parsemés de bruyère mauve, de mousse vert acide, de toutes petites fleurs jaunes ou rouges vifs, de pins courts et torses, jardins japonais ou de rocaille façonnés par les éléments mêmes, territoires du début du monde même si la Baltique est la plus récente de ses mers.

 

Il pleut ou non, le soleil se couche en majesté ou disparaît derrière les énormes nuages, nuages, lumière, vents qui se lèvent et se couchent d'un instant à l'autre, tout bouge tout le temps incessamment, la mer change de couleur mais reste imperturbable, somptueuse. Paysage en constante et fascinante métamorphose.

Soudain traversé par un vol de cygnes ou de cormorans.

Entre ciel et mer nous vivons dans le huis clos de ZERØ, les ados jouent les belles au bois dormant mais se réveillent pour coopérer aux amarrages et démarrages, jouer aux échecs et réussir de sublimes gâteaux au chocolat, à l'admiration de tous, et à la grande peur de Nathalie et moi, Angela grimpe au mât ! David ne quitte pas la barre, sauf pour préparer de délicieuses salades de plus en plus baroques, Nathalie, reine sereine et douce, cuisine tout le reste, relève David à la barre, veille sur ses filles, enroule et déroule drisses, écoutes et autres cordages; Gilles est partout à la fois.

Un soir, surgi de l'un de ces îlots mystérieux, André, celui du 2, du 4 et du 8, debout dans sa barque, s'approche de ZERØ. Sa femme, Karin, nous accueille dans leur maison pour un dîner finlandais; une vraie maison de conte nordique, sortie tout droit des illustrations de Carl Larsson ! Gilles et André ne se sont pas vus depuis dix ans. Chaleureuse et savoureuse soirée, cadeau de l'amitié tissée au fil des flots par et pour ZERØ.

Merci Zerøalinfini !

Quinze jours plus tard, nous nous séparerons avec des trémolos dans la voix et de grandes embrassades. Ce n'est qu'un au revoir...

God's speed !

 

 

 

 

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12/09/2023
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