la balade de ZERØ à l'infini

la balade de ZERØ    à l'infini

entre les Acores et la Bretagne , texte de Nadine

André a mené à bien son équipage et Zero, entre Ponta Delgada aux Acores et Port la Foret en Bretagne . A ce que j'en sais, la navigation a été difficile, mer forte et vent fort. . Voici le récit de Nadine qui était a bord . 

 

 

 

Sur Zéro. An 2018 entre 11 et 30 Mars.

 

Des Açores ( Punto Delgada) à la Bretagne ( Port La Forêt) via la Galice ( Port de Muros – Espagne).

 

Sur cette traversée en deux épisodes vous ne trouverez ici que peu d’éléments de navigation. Par une mer forte, une houle tenace, des vents dominants de Nord-Ouest, Zéro a montré ses qualités de bateau : franc, robuste mais aussi élégant…

Son équipage d’une compétence éprouvée a fait le reste, tout cela dans un compagnonnage chaleureux et gai.

Seul le mousse, que je fus, a découvert que n’est pas marin qui veut, mais qui peut !

Dans les lignes qui suivent je vous parle d’un moment particulier, vécu à bord, entre silence et fureur.

 

 

Difficile de me concentrer sur ma lecture, silence et fureur alternent. Le vent a pris place dans la baie, sur le port, sur la terre. Il a renvoyé la pluie de la journée au loin, à l’intérieur vers la sierra peut être, mais plutôt sans doute, vers la mer. Il ne doit pas faire bon courir les vaques par cette nuit de mars…

Le bateau, quoique bien arrimé au ponton - ajusté même - et protégé à grand renfort de pare-battages se soulève malgré tout, rendu rétif sous la contrainte du vent sur les étais, sur le mât, sur la coque…

Éole s’engouffre entre les drisses en se moquant de tous les obstacles. Ce soir il a mis son habit de chef d’orchestre fantasque et hirsute. Il déploie sa puissance à pleins poumons. Sous sa baguette en furie drisses de génois, de trinquette, de grand voile, haubans, il n’en oublie aucun, de métal ou de chanvre, tout ce qui est sur le pont s’anime.

Est-ce là des notes de guitare ? Des accords de contrebasse ? Un violon rebelle ? Tous à la fois qui emmènent cette partition surhumaine à laquelle le clapot donne le tempo ? Un tempo qui balance parfois rudement !

Zéro gémit, souffre, soupire comme un vieil arbre. Les craquements s’enchaînent plus ou moins espacés, plus ou moins denses, ici, plus loin, à l’étrave à moins que cela ne vienne du roof ?

Brusquement plus rien. Calme absolu. Un silence. Bref.

Quelques secondes et la tourmente reprend, plus haut, plus fort, plus échevelée, colérique et belle...

C’est particulier de sentir la tempête tout alentour, bien à l’abri dans le cocon du bateau ! Et fort rassurant aussi d’entendre la respiration régulière des premiers endormis…

Il ne fait pas très chaud cependant ! Allons il est impératif de se réchauffer pour parvenir à s’endormir. S’endormir ? S’endormir ou écouter encore et encore ?…

La nuit sera brève finalement, mais que de plaisir !

 

 

Nadine.

Carnet de voyage le 17 Mars 2018.

 



07/04/2018
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