la balade de ZERØ à l\'infini

la balade de ZERØ    à l\'infini

Comment on confine en Martinique sur Zero (article de Jean Luc F.)

Antilles – 17 Mars – 7 avril 2020

Un nouvel équipage pour une grande croisière de la Martinique à Trinité-Tobago sur la mythique Mer des Caraïbes se prépare depuis bientôt 4 mois !

Le grand jour est arrivé : notre Skipper et ami, André, nous accueille à l’aéroport de Fort-de-France le 17 mars 16H. Odile, Philippe, Anne-Marie et Jean-Luc seront ses équipiers pour cette grande aventure.

 

Afin de nous habituer sans attendre à vivre ensemble 3 semaines dans un espace intimiste, nous embarquons tous les cinq dans une Nissan Micra et le compte à rebours démarre : il faut quitter la marina au Marin le 18 mars avant 12H. André assure les aspects administratifs à la capitainerie, les équipiers s’affèrent aux achats de base pour une première autonomie de 2-3 jours. Midi, le plein de fuel est terminé, nous larguons les amarres !

Mais quelle destination ? Les nouvelles de la métropole ne sont pas rassurantes : la réglementation liée au coronavirus se durcit. Les îles au sud deviennent incertaines : Pourrons-nous débarquer ? Devrons-nous nous contenter de les observer d’un mouillage ? Et surtout, pourrons-nous revenir en Martinique pour reprendre notre vol du retour le 6 avril ?

 

 

 

Nous décidons d’un premier mouillage au large du Marin, à Sainte Anne, pour prendre le temps de la réflexion. La plus sage des décisions est de rester en proximité de la Martinique. Tout le monde est rassuré et nous pourrons rester en contact plus facilement avec nos proches en métropole.

 

 

 

Première destination : La Grande-Anse-d’Arlet. Le 19 mars, nous levons l’ancre, chacun est à la manœuvre sous les consignes d’André. Génois bordé, nous croisons au large du Diamant, accompagnés par les dauphins : c’est magique !

 

Arrivée après 3h de navigation par vent faible pour une distance de 14,1 NM et une pointe à 5,88 KT (merci le moteur !).

 

L’information tombe : c’est le confinement. Le confinement s’applique aussi aux plaisanciers.

La vie s’organise à bord de Zéro. André nous dévoile les coulisses du bateau et lance les chantiers de réparation et d’amélioration. Chacun apporte ses compétences et les ateliers se mettent en place : Couture pour la réparation de la GV et de sa housse, Mécanique pour le moteur de l’annexe, Collage pour le paddle gris, Informatique pour l’équipement de la table à cartes et bien sûr Cuisine pour se régaler des produits locaux ! Quelques plongées nous permettent de nous dégourdir les jambes et de découvrir les poissons colorés des eaux claires de l’Anse. A 18h30, après les photos du coucher de soleil, c’est l’heure traditionnelle du rhum, et le soir, ce sont des parties de cartes effrénées.

 

Nous resterons 5 jours à la Grande Anse-d’Arlet. Le bateau a repris des couleurs et les équipiers sont devenus Experts ! Nous interpellons 2 marins pêcheurs qui nous régaleront de 3 belles carangues tout juste sorties de l’eau. Chaque nuit nous réserve une ou deux averses, mais les journées sont chaudes et ensoleillées.

André travaille sur sa nouvelle mission qui sera de mettre Zéro à l’abri des typhons estivaux. La croisière qui devait suivre le 7 avril est annulée. André doit constituer un équipage expérimenté pour envisager une transat et un retour de Zéro en Europe. Il active son réseau et prend contact avec Pierre, un ami d’ami, qui mouille à l’Anse Mitan. Nous joignons l’utile à l’agréable et nous nous sentons pleinement investis dans la vie de l’association.

 

 

 

Deuxième destination : L’Anse Mitan à 5NM. Température 31°. Nous remontons au vent, Génois et moteur peinent à une moyenne de 4,23 KT et une pointe à 4,99 KT.

 

Nous mouillons à proximité de Pierre. Escapade dans le village à la recherche des commerces d’alimentation ouverts. La vie est au ralenti, les rues quasi désertes. Nous trouvons notre bonheur dans une épicerie familiale et auprès d’une marchande locale qui nous vente ses punch 100% locaux. Nouvelle escapade le lendemain pour un plein d’eau à la marina avant de lever l’ancre pour Saint Pierre.

Le 25 mars, cap au nord. C’est un grand jour : nous hissons la Grand Voile – Pointe à 8,38 KT et moyenne à 4,76 KT ! Les dauphins, au moins une centaine, sont de la fête ! Arrivée à Saint Pierre après 14,39 NM et un chrono de 3H08’.

 

Nous mouillons pour 2 jours et découvrons la ville de Saint Pierre, ancienne capitale de la Martinique détruite par le volcan en 1902, au pied de la Montagne Pelée et reconstruite depuis. Elle comptait environ 26 000 habitants, elle en a environ 4000 aujourd’hui. Nous sommes presque seuls, pas de touristes, peu de voiliers. Mais de magnifiques poissons multicolores près des rochers.

 

27 mars, au réveil les coqs chantent, ils ont chanté à peu près toute la nuit !

Nouvelle destination, cap au Sud : Les Trois-Ilets. Les grandes sensations de la navigation sont réunies : Génois, Grand Voile, Gîte à 45°, 5,28 KT de moyenne sur une distance de 24,33 NM, des pointes à 8,14 KT, on vire de bord, 1 fois, 2 fois, 3 fois, 4 fois !

Arrivée aux Trois-Ilets, le profondimètre annonce 0,80 m de fond ! Un habitué vient conseiller André sur la route à prendre et on finit par mouiller à 3,5 m de fond. Le paysage est superbe, petites maisons de bord de mer, la forêt se transforme en mangrove.

 

Le lendemain, nous allons faire un tour dans la forêt au bord de la mangrove, nous tanguons en marchant !

A la marina, 2 gendarmes nous questionnent, nous montrons notre attestation qu’ils ne regardent pas, restant à au moins 2 mètres de distance ; ils nous conseillent de faire une attestation par personne. Nous les retrouverons plus tard à l’Anse Mitan, ils nous salueront comme des habitués !

Le marché et ses 2 marchandes suffisent à notre réapprovisionnement en fruits et légumes. Une boulangerie, ouverte de 6h30 à 20h, expose des créations en sucre d’une grande finesse.

 

 

 

Pour compléter nos compétences de marins, nous expérimentons la panne d’essence sur l’annexe. On rejoint Zéro… à la rame !

André fait connaissance avec Tim, son premier équipier pour la transat.

 

29 mars : retour à l’Anse Mitan, 3,29 NM. André a rendez-vous pour l’achat d’un nouvel Iridium, celui de Zéro ayant embaumé la cabine d’une odeur de bakélite ! Re-épicerie familiale, re-petite marchande locale, re-marina pour le plein d‘eau. Pierre a écopé d’une amende de 135€ pour avoir été pêcher avec son annexe.

 

 

 

1ier avril : on descend aux Anses-d’Arlet, juste après la Grande Anse-d’Arlet. Les gendarmes des mers nous rejoignent et nous appellent canal 16. Après une explication avec André, ils passent leur chemin.

 

Nous plongeons avec les tortues et découvrons une réserve marine dans notre périmètre autorisé. Une variété impressionnante de poissons nous entoure, dans une profondeur d’à peine 2 à 4 mètres.

 

 

 

 

ette anse est visiblement soumise à une forte houle et il faut se tenir lorsqu’on se déplace ; la nuit nous sommes bercés par une nounou vigoureuse.

 

 

 

6 avril : le départ est proche, nous rejoignons l’Anse Mitan.

 

7 avril : notre avion a été décalé d’un jour. L’heure est au nettoyage des cabines. Tony, notre taxi, nous attend pour l’aéroport. Tim va monter à bord de Zéro.

 

 

 

Nous remercierons André pour toute l’attention qu’il nous a portée durant ces 3 semaines et cela en toute discrétion et simplicité.

 

 

 

Et si c’était à refaire ? C’est quand le départ ?!!!

 



17/04/2020
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