la balade de ZERØ à l'infini

la balade de ZERØ    à l'infini

Madere- Canaries

Y a pas a dire, avec des dessous propres, on glisse mieux.

Aidé de  Stephane en mousse averti, on a refait la sous marine de ZERO. Quelques kilos de crustacés retirés, quelques litres d’antifouling en plus et voila un coque propre. Douce comme une peau de bébé.

Nous serons donc restés un peu plus de 1 mois a Mortagne sur Gironde. Marc et Fanfan nous ont accueillis royalement. Ah ces crêpes …. !!!!!  Apres multiples essais, nous sommes revenus aux valeurs sures : la jambon fromage.

J’en ai profité pour rajouter un groupe électrogène qui sera bien utile en navigation dans les alizés et au mouillage en Afrique. Finir quelques aménagements, réviser le moteur (1000 heures !!), améliorer la fixation du tangon. ……

 

On charge ZERO avec tout le toutim, y compris le matériel pour Fredoya que nous retrouverons aux Acores. Ils arrivent d’Islande et du Groenland, et descendent eux aussi au chaud. Et on décharge tout ce qui était nécessaire aux pays froids : ski, chaussures, polaires , chaussettes .

 

Nous sommes partis le dimanche 10 Octobre à 19h30, à l’ouverture  des portes de l’écluse. J’avais retardé de quelques jours le départ dans l’attente d’une fenêtre météo favorable. Rien ne sert de se faire branler dans le golfe de gascogne. On a un peu de marge.

Bingo, 48 heures pour faire Mortagne-La Corogne. Y a pas a dire, avec des dessous propres, on glisse mieux. Des belles glissades sous spi. Une belle moyenne. 7,5 nœuds sur 48 heures. 12 heures de plus, et nous sommes à Baiona. La ville du retour de C. Colomb après sa découverte des ameriques. Puis ce sera Peniche au Portugal pour retrouver les succulentes sardines grillées, de croiser plein de bateaux Français en partance pour le sud, c’est l’époque, et on repart pour la grande traversée vers Madère. 500 miles. La météo n’annonce pas beaucoup de vent. Et nous n‘en avons pas eu beaucoup.  Quasiment que du spi aussi ; mais avec moins de 10 nds de l’arrière, ce n’est pas la grande cavalcade. Le temps passe en pêchant, dormant, lisant. 1 belle coryphène de 4kg et de 95 cm nous fera 4 repas. Stéphane soucieux de son confort aux toilettes a imaginé un nouveau siége : la baille a mouillage , un seau en dessous.

 

 

Le rythme des quarts s’est mis en place tout comme les estomacs. Sandra et Stéphane en début de nuit, Gilles au milieu et moi a la fin. A ce sujet, je vous dois une anecdote.

Stéphane est globalement inquiet la nuit. Surtout a cause des cargos. J’ai tenté de le rassurer, nos moyens électroniques aidant, et vu la météo, il y a peu de risques de collision. Mais tout de même, il a respecté les consignes en me réveillant en cas de doute. Et il l’a fait a chacun de ses quarts.

-Philippe, excuse, mais y’a un bateau je comprends pas bien. Tu peux venir voir

- J’arrive

Je sors sur le pont, pas bien réveillé, m’approche des filières pour me soulager, jette un œil alentour pour constater que le fameux cargo est encore a 10 miles, ou qu’il est déjà passé , bref, rien d’inquiétant. Mais comme je le dis à Stéphane, je préfère que tu me réveilles pour rien que le contraire.

Et puis est arrivé la dernière nuit de la traversée. Même topo,

-         Philippe, tu peux venir voir …

-         J’arrive

Je sors, vais au bastingage, pisse un coup au passage, j’en profite au passage pour constater que l’eau s’est réchauffée  ( ahahaha), regarde autour et vois un cargo que j’estime a environ 1 miles derrière nous. Pas loin donc. C’est d’ailleurs confirmé par l’AIS. Et je vois alternativement son feu vert et son feu rouge. Pas bon signe. Ah, la, oui, va falloir faire quelque chose, sinon, il va y avoir des copeaux d’aluminium.  Il est pile dans l’axe et marche  a 15 nœuds.  Je prend 30 degré et constate qu’il en prend lui aussi 20 !!!

Je me demande un instant si je ne vais pas le voir mettre une chaloupe à l’eau pour venir nous arraisonner. Des Pirates ? Non, un pirate ne mettrait pas son AIS en route. Mais inquiétant quand même. Je reste quelques temps et vois qu’il fini par nous dépasser.

Je reste encore  et discute avec Stéphane, traumatisé par cet épisode. Il est persuadé que le bateau a sciemment modifié sa route pour venir sur nous. MADEIRENSE 3. Le cargo FOU.

4 jours après, il en parlait encore. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé.

Madère : Gilles nous a quitté, mon frère nous a rejoint avec sa famille. Au programme, visite de l’île, balade a pied, shopping ( oups)…

 

 

A ce propos, Madère est une île extraordinaire pour les balade a pied.

Le Nord de l’île est très humide, le sud un peu moins. Pour acheminer l’eau du nord au sud, les habitants ont  construit des canaux ( lévadas) qui sillonnent la montagne, parfois les transpercent. Un chemin longe le canal, la pente est douce, les paysages superbes. Le passage dans les tunnels parfois long de plusieurs centaines de mètres a donné lieu à de belles parties de rigolade.  Nous en avons remonté 2 jusqu'aux chutes. Des balades de 3 à 4 heures a chaque fois.

  Nous avions pris nos quartiers a Quinta Do Lorde , une marina moderne , sorte de ‘’domaines des dieux’’ a l’est de l’île, le Port de Funchal, la capitale,  étant quasiment toujours plein et son mouillage inconfortable.

 

 

Les Chatelain Junior parti, Olivier, Stephanie, Marie, Hervé et Hélène nous ont rejoint. Visite express de l’île en voiture, balade, et c’est le départ pour Gracioza aux Canaries.

Fichtre. 25 a 35 noeuds pendant 36 heures, au bon plein.  Musclé. Tout le monde a été malade, (même moi), sauf Hervé qui a très certainement de l’eau de mer qui coule dans les veines. Mais grâce a cela aussi, la traversée a été courte. Nous ne sommes resté que 24 heures à Gracioza, juste le temps de récupérer, même pas le temps de visiter. Un vent violent d’est a rendu le mouillage intenable.  Décidemment, cette île se refuse a moi.  Déjà en 2004, avec Matins Bleus, j’avais du quitter les lieux pour les mêmes raisons.

On part pour Marina Rubicon, au sud de Lanzarote. Une trentaine de miles avec 45 nœuds au près  Trinquette enroulé, 3 ris dans la GV. Ca mouille. Mais à l’abri de l’île, la mer était maniable. Nous voici donc dans une marina moderne, probablement la dernière avant longtemps. Douche chaude, eau a volonté, électricité a gogo, magasins chics, supermarché..  Tout ce qu’il faut pour les touristes anglos saxons en goguette. 

Maman et ma tante nous ont rejoint pour 1 semaine. Zéro s’est transformé en hôtel flottant. Et heureusement que nous n’avons pas navigué. !!!!  Fred, Fredo, vous comprendrez pourquoi je n’ai pas pu bouger : ma tante assise dans le cockpit me demande en désignant les winchs :

-         Philippe , ça sert a quoi ces bonbonnes de gaz ?

 

Mais le pire est à venir.

 

Voila 5 jours qu’elles vivent sur le bateau et ma tante :

-         Philippe, tu ne rigoles pas, mais dis moi, ou est l’avant et ou est l’arrière du bateau !?

 

ZERO en est tout retourné, lui qui revient du  Spitzberg et qui va aller en Patagonie. Il aura tout vu.

 



25/09/2011
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